Ardéchoise

De la province vers la ville.

C’est ce qui m’a interpellé.

Je viens d’accompagner un copain d’enfance de mon mari (ils ne s’étaient pas vus depuis 30 ans), originaire de Sierra Leone. Il travaille en tant que médecin pour l’armée américaine. Le contact a été simple et naturel, comme si nous nous étions connus depuis toujours.

Je suis moi-même originaire de l’Ardèche (« expatrié dans le 93 »). 1ère impression : La mixité que j’aime, mais je n’aime pas l’esprit communautaire.

Je retourne en Ardèche, tout se mélange trop. Besoin de renouveau, de valeur, mes valeurs !… Selon moi, l’essor aujourd’hui vient de la campagne.

Avec un espoir de nouveaux horizons, après avoir retrouvé de l’énergie. L’Afrique, Les Etats-Unis.

Bon voyage à Bockarie et sa famille,

Par Cécile Sorie

Bender, Moldavie

 

Toute ma famille paternelle racontait que cette ville avait perdu tout son passé, puisque rasée pendant la 2ème guerre mondiale et que, de toute manière, c’était une « petite » ville…

 Au début du XXIème siècle (ou à la fin du XXème, je ne sais plus…), j’y suis allé…

Cette ville, tour à tour roumaine, turque, russe, roumaine, soviétique, moldave, située aujourd’hui dans une région qui a fait sécession de la Moldavie, c’est Bender…

 C’est de là qu’est venue ma famille paternelle dans les années 1930…

 Cette ville n’a jamais été détruite…

 J’y ai retrouvé l’isba de mes grands-parents, le nom de la rue était inchangé. Je suis allé sur la tombe de mon grand-père, dans la partie juive du cimetière, miraculeusement intacte.

 Cette ville, c’est une « grande » ville, relativement à la région…

Elle se nomme Bender (on m’a dit que cela signifie « la porte » en turc). Elle est près de Kichinev. Cette région de Moldavie est appelée aussi Bessarabie. Les juifs, nombreux, y ont été massacrés par les allemands, la « garde de fer » et par l’armée roumaine pendant la 2ème guerre mondiale.

Cela a beaucoup joué pour mes engagements pour une société meilleure où la diversité doit être une richesse.

Par Arnold Bac

Les lettres de ma mère

« Partir, c’est mourir un peu » disait le poète. Mon histoire commence par des lettres sur papier bible que ma mère me lisait dans le terrain vague en face du HLM que nous habitions.

Ces lettres, envoyées par son frère – notre oncle d’Amérique ! – nous invitaient à venir le rejoindre dans ce pays de cocagne : l’Amérique !

C’est ainsi qu’une belle journée de septembre, nous sommes partis du port de Naples, sur le navire Irpinia. Notre périple dura deux semaines, autant que le voyage des découvreurs !

Lorsqu’enfin nous arrivâmes dans le port de Montréal, quelque chose avait changé. Nous étions devenus étrangers. L’oncle d’Amérique était venu nous chercher. Il faisait beau. J’étais alors un enfant. J’avais l’impression que la vie allait recommencer !

Une voiture américaine roule sur une route en pleine campagne…

Le joueur de mandoline

Mon père est arrivé vers l’âge de 10 ans à Paris en 1910. Il venait de Corse. Est entré en 6ème au lycée Charlemagne. A eu son bac, une licence de lettres. Est rentré dans l’armée. Et dans l’armée des colonies. Son père était déjà militaire.

Ma mère venait de Nantes et l’a rencontré à Paris. Elle était beaucoup plus jeune que lui.

En tout bon corse, il jouait de la mandoline et chantait.

J’ai dû hériter de son amour de la chanson française.

 Anonyme